La distance traduit quasiment toujours un blocage dont il faudra éclaircir la source. Elle traduit un protectionisme qui a forcément du sens pour celui qui le vit. Souvent elle est la résultante d'une intériorisation d'un malaise profond ancestral dans son histoire personnelle et que l'histoire du couple vient réveiller dangereusement. L'huitre se ferme pour mieux se protéger d'un danger pouvant renforcer notre blessure.

Je peux alors choisir la neutralité apparente de l'indifférence ou de l'ignorance. Mon rapport à mon partenaire ne comporte plus d'aspérité de vie. Il ne peut plus avoir prise sur moi : ca glisse.

C'est alors au conjoint victime de cet indifférence d'essayer de comprendre ce qu'il se passe, non pas dans une agressivité inquisitrice, mais au contraire en invitant l'autre à se confier à soi dans sa peine et son malaise et savoir en quoi en tant que conjoint je peux l'aider sincérement.

Il est aussi utile de comprendre que la distance est une défense inconsciente parmi d'autres qui en "attaquant" l'autre ( il n'en vaut pas a peine ) clive l'autre en face en une personne uniquement "mauvaise" ou sans interêt. Ce clivage permet ainsi à l'inconscient d'éviter l'ambivalence en chacun de nous : l'autre n'est ainsi plus une personne globale. Car si ma conscience perçoit l'autre dans son ambivalence je vais alors vivre le conflit naturel entre le bon coté et le mauvais coté de l'autre : ce que mon immaturité affective ne peut se permettre .... : il est plus facile de cliver l'autre en le "cataloguant".

Il s'agira alors à apprendre à nouveau à vraiment communiquer dans la confiance en considérant que l'autre n'est en réalité pas notre ennemi mais bel et bien notre meilleur ami : je peux lui confier ma peine ou ma peur car il est en principe le mieux placé pour m'écouter et me comprendre.

Si tel n'était pas le cas alors la présence d'un tiers neutre, s'avère d'un grand réconfort pour libérer la parle bloquée.