En effet ce problème est très souvent mis en lumière au cours de mes consultations. Telle une drogue, dont d'autres ont déjà été évoquées dans d'autres articles de ce blog, le travail tient lieu de béquille en activant une double production hormonale énergisante au travail (dopamine) et refoulante ( endorphine) à la maison. A la longue ce conflit est véritablement épuisant et conduit inéluctalement au clash.

Chez les hommes, plus sensibles à ce phénomène, la vie professionnelle devient vite un exutoire, un lieu de respiration inespéré par rapport au couple, étouffé, venant aussi alimenter son désir légitime de réussite où généralement les notions de pouvoir ou de performances propres aux hommes, ne sont pas loin. En déficit relationnel intime dans une sphère qui n'est pas sa tasse de thé originelle ( pour des raisons culturelles ou éducatives ), l'homme en besoin d'existence et d'affirmation de soi, n'a souvent d'autre choix que de polariser sa vie professionnelle pour assumer un semblant d'équilibre global qui en réalité n'est qu'un déséquilibre. De plus le monde du travail est du domaine souvent du " faire", un domaine extérieur de "construction" qui lui convient. L'entreprise "bénéficiaire" de cet enthousiame croit y voir son compte : cela ne durera pas. C'est ainsi aussi que souvent des drames arrivent lors de licenciement : Il n'a plus sa béquille et l'homme tombe.

Chez les femmes, de plus en plus investies dans le monde professionnel les raisons d'excès sont plus nuancées: elles investissent un monde qui d'abord leur est légitimement dû ! Il s'agit là de rattraper un réel déséquilibre et surtout d'acquérir une autonomie financière et sociale l'émancipant du pouvoir de l'homme pour mieux s'en "débarrasser" au cas où .... D'autre part ces femmes excellent dans le domaine de la gestion interne de l'entreprise : beaucoup de DRH sont des femmes. Ainsi par rapport au couple la motivation n'est pas la même. Enfin le carriérisme a aussi une fonction anti-solitude chez beaucoup de femmes où l'isolement relationnel (célibat + femmes mères isolées) est plus important que chez les hommes ( perdus sans les femmes ....)

La thérapie de couple aura donc pour objet de rééquilibrer le rapport Travail / intimité, en soulevant les véritables raisons personnelles inconscientes, intimes à son histoire, qui ont mené le ou la work-addict à des extrémité menant son couple à une impasse où souvent chacun se croise en "cohabitation" passive, ou en explosion permanente. Bien entendu inversement : si le couple ne va pas, le travail s'en ressentira aussi au delà de la fonction béquillante.

La thérapie viendra ainsi restaurer à terme la fluidité d'un équilibre acceptable où les excès du travail seront temporisés, au profit de la richesse relationnelle avec le partenaire, mais aussi au profit du travail lui même qui sera vécu et exercé différemment.